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Le projet d'une ligne de chemin de fer reliant Vienne au Grand-Lemps existait déjà en 1874. En vertu d'un arrêté du Préfet, daté du 27 juillet 1874, une enquête d'utilité publique fut ouverte sur "l'avant-projrt" présenté au Conseil Général par Bourgain, négociant et entrepeneur, domicilié à Paris. Le canton de Saint-Jean de Bournay ne produisait pas de chaux, de plâtre, de pierre de taille, pas de bois de construction, les habitants étaient dans la nécéssité de s'en procurer à Grenoble, Voiron, Vienne, à grands frais. Il était également très difficile d'importer des combustibles, et des engrais, sans lesquels il était impossible de faire de la bonne agriculture. Le Conseil, à l'unanimité, , était d'avis d'avis que le chemin de fer serait d'une utilité incontestable pour la commune de Châtonnay et les autres communes du canton. Des craintes avaient été formulées pour la traversée de Châtonnay, en raison des "brusques contours" que l'on rencontre à la hauteur de la Place de la "Halle". Le  6 juillet 1891, la voie de chemin de fer était réalisée jusqu'à la jonction du chemin de la gouille (aujourd'hui "route de l'Oursière" et de la N 502.  Le 8 juillet 1891, les rails et le ballast étaient posés jusqu'à la jonction de la route nationale et du chemin appelé aujourd'hui "impasse du Moulin".  L'inauguration de la première section du chemin de fer de Vienne au Grand-Lemps, celle de Châtonnay, eut lieu au mois de novembre 1891. A Saint-Jean de Bournay, Belin, maire,s'adressant à Robert, préfet de l'Isère, le remerciait "au nom de l'agriculture, "au nom de l'industrie", d'avoir bien voulu venir présider cette fête. A Châtonnay, des détonations signalèrent l'arrivée du train, une foule empréssée et sympathique enveloppait rapidement le cortège officiel .

                                                      
   

A une heure de l'après-midi, le train officiel était de retour à Saint-Jean de Bournay. Le cortège, après avoir parcouru le bourg, se rendit à l'Hotel de Ville. Ce ne sont partout que drapeaux, oriflammes, guirlandes, arcs de triomphe : la mairie est admirablement pavoisée. Malgré l'ouverture et l'exploitation de cette ligne, et, en raison du retard du train postal de la Compagnie P.L.M., le service postal se trouvait effectué dans des conditions bien plus défectueuses  que les années précédentes. Les dépêches n'étaient  distribuées à Châtonnay que vers Midi, ce qui donnait lieu, de la part du public, à de nombreuses réclamations. Pour aller de Châtonnay à Lyon, il ne fallait pas moins de quatre heures trente minutes. Le train N° 4 passait à Châtonnay à 8 h 43, arrivait à Vienne à 10h30, dix minutes après le train qui partait pour Lyon ! Les passagers étaient obligés d'attendre "le train léger" de 12h25, arrivant à Lyon à 13h17 ! La Compagnie ne se souciait pas beaucoup de l'intéret de ses clients ! En plus du manque de coordination des transports, les horaires n'étaient pas toujours respectés. Le "tacot" déraillait parfois dans la descente des Effeuillers, et ne pouvait pas toujours franchir ce même col pendant l'hiver. Patinant dans la côte, il revenait à Châtonnay en marche arrière. Le conducteur et le mécanicien attendaient au café "Minier", près de la Gare, que des employés qui entretenaient la voie aient terminé leur travail.

                                                  
                                                LE DERNIER TRAIN EST PASSE A CHATONNAY EN 1935